dimanche 15 mars 2015

ON NE VEUT PAS SAVOIR, COMPRENDRE l'HOMOSEXUALITÉ C'EST PRESQUE LA JUSTIFIER

A l'heure où les religions monothéistes s'obstinent à condamner l'homosexualité, la majorité des croyants ont rarement pris le temps de chercher les sources d'une telle interdiction.




on sait vaguement que cette interdiction est liée à l'histoire de Lot, un messager de Dieu et Neveu d'Abraham  qui vivait dans la ville de Sodome, ville où les dérives et l'indécence régnaient.


cependant, un bon nombre de déistes sont incapables de raconter l'histoire du peuple de Lot, telle qu'elle a été racontée dans les livres saints, ils préfèrent ne pas savoir, ne pas creuser, ne pas lire, ne pas connaitre. ils se livrent à l'évidence que l'homosexualité est une dérive que la religion condamne clairement et fermement, sans avoir lu, sans avoir relu pour aussitôt comprendre.


 Jacques Sémelin écrivait :"comprendre c'est presque  justifier" et cela pourrait expliquer l'exclusion dont souffre la communauté LGBT.


On ne veut pas savoir, on ne veut pas comprendre, vous etes damnés, vous etes condamnés, vous etes une aberration, c'est comme ça et puis c'est tout.
cette scission qu'on opère au sein de l'humanité sur la base de l'identité sexuelle, de la couleur de la peau, de la religion, de l'éthnie, débarrasse le "nous" de tout sentiment de culpabilité vis à vis de l'exclusion des "eux", ceux qu'on refuse, ceux qu'on n'approuve pas, ceux qui , à nos yeux, ne méritent pas le qualificatif de "l'humain".

et on ne s'aventurera pas à s'informer sur leur sujet: il est possible que ça soit par paresse, mais cette immobilité ne pourra s'expliquer par l'indifférence, car si l'on est indifférent, on ne prendra pas de position, on ne condamnera pas, on ne se hâtera pas à affirmer une opinion au détriment d'une autre.


Cette passivité résulte d'une présomption généralisée, qui est simple pour les uns et irréfragable pour les autres, qui fait que c'est à celui qui argue du contraire qu'incombe la charge de la preuve.

Néanmoins, on ne peut  renverser une présomption si on n'a pas le droit de se prévaloir d'une thèse contraire, le droit d'être écouté, le droit de remettre en cause les évidences.
Ici, on ne fera pas le procès d'une religion.
on ira connaitre les textes, ensemble, sans qu'il y ait de "EUX", sans qu'il y ait de "NOUS".
voici l'histoire de Lot, racontée par le coran, et par l'ancien testament , une seule et unique histoire qui connait des similitudes mais aussi des incompatibilités.

cette histoire se passe à Sodome, la ville du peuple de Lot.

Il était connu qu'un voyageur qui se risquait à passer par cette ville s’exposait au vol et aux attaques sur sa personne.
 Le peuple de Lot était dépourvu de toute morale et n’obéissait à aucune norme sociale.
Lot invita les gens de son peuple à laisser tomber leurs activités criminelles et leurs comportements indécents, mais ils refusèrent obstinément de l’écouter.

 "Que ne craignez-vous Dieu?  Je suis certes  pour vous un messager digne de foi.  Craignez donc Dieu, et obéissez-moi!  Je ne vous demande pas de salaire pour cela; mon salaire n’incombe qu’au Seigneur des mondes. » (Coran 26:161-164)


Lot s'adresse à son peuple en leur disant: 
 « Quoi!  Accomplissez-vous l’acte charnel [comme nul peuple avant vous] avec les mâles de ce monde?  Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ?  Vous êtes vraiment des transgresseurs ! » (Coran 26:165-166)

"Vous livrez vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n'a commise avant vous ? 81. Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier."}(7/80-81)

Pour certain, l'acte charnel auquel le coran se réfère est la sodomie, le fait que les hommes aient des relations sexuelles avec des hommes. 
or, il était bien connu que ce que pratiquait le peuple de Sodome n'était pas des relations sexuelles consentantes et c'est ce qui sera plus tard explicité dans l'épisode des anges qui sont venus voir Lot. 
en l'occurence, ce qui sera interdit est le viol et non pas les pratiques sexuelles avec leurs homologues. 
le coran nous dit "Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier." plusieurs savants se sont livrés à l'interprétation du "Au lieu", en disant que ce qui serait interdit est le fait de ne connaitre que les hommes à l'exclusion des femmes. selon ces savants , la bisexualité serait permise. 

cependant, l'opinion majoritaire va dans le sens de l'interdiction de toute pratique sexuelle entre les hommes. En revanche, nul part dans le Coran on ne retrouve l'interdiction des pratiques sexuelles entre femmes, il serait alors incorrecte de parler de l'interdiction de l'homosexualité dans l'islam alors que le texte est silencieux sur la question. 
certains estiment que par analogie, on devrait étendre cette interdiction aux femmes par soucis d'égalité. 
L'ancien testament est resté silencieux sur cet épisode , cependant, le Lévitique rapporte les commandements dictés par Moise par Dieu (yahveh) et on retrouve cette interdiction des rapports sexuels entre hommes: 

" 22 Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination.       le lévitique , chapitre 18 
les seules pratiques sexuelles qui sont interdites aux femmes relèvent de la zoophilie  et elles sont mentionnées dans le meme chapitre 18 du lévitique. 
ici, les livres saints se complètent, et  se précisent .
Revenant à Sodome, là où notre histoire se passe. 

Le peuple de Sodome avait atteint un tel niveau de dépravation qu’il ne connaissait plus aucune honte, aucune pudeur.

Quand Lot insista pour qu’ils se repentent et se réforment, ils tentèrent de le chasser de la ville
 Ils lui dirent : « Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras bientôt banni [de notre cité]. » (Coran 26:167) 

Dans une autre ville, le prophète Abraham, l’oncle du prophète Lot, reçut chez lui trois personnes qu’il ne connaissait pas. 

il leur demanda ce qui les amenait dans sa ville.  Ils répondirent : « Nous sommes envoyés à un peuple corrompu, à l’exclusion de la famille de Lot, [qui sera épargnée]. » (Coran 15:58)
 « Nous allons anéantir les habitants de cette cité, car ce sont des gens injustes. » (Coran 29:31)


Ibn Kathir, un grand érudit musulman, rapporte qu’alors que les messagers se rapprochaient de la ville de Sodome, ils croisèrent la fille de Lot près d’une rivière.  Elle fut ébahie par leur grande beauté et craignit tout de suite pour leur sécurité.  
Elle leur conseilla d’attendre près de la rivière; elle irait chercher le prophète Lot, qui les ferait entrer dans la ville sous sa protection.  Quand Lot fut mis au courant de la présence de ces étrangers, il fut pris d’inquiétude et se demanda comment il arriverait à les convaincre de contourner la ville de Sodome pour poursuivre leur périple.  
Lorsqu’il arriva à leur hauteur, il tenta de leur faire comprendre la nature des habitants de la ville, mais ne put, tout au plus, que les convaincre d’attendre à la nuit tombée pour entrer dans la ville.
Les deux Anges vinrent à Sodome le soir, et Loth était assis à la porte de Sodome. Loth vit, se leva à leur rencontre, et s'inclina face contre terre. Il dit : ''Voici, donc mes maîtres, tournez s'il vous plait vers la maison de votre serviteur, passez la nuit, lavez vos pieds; vous vous lèverez tôt et vous partirez vers votre "chemin"; Ils dirent : 'non, car dans la rue nous dormirons'. Il insista beaucoup auprès d'eux; ils tournèrent vers lui, entrèrent dans sa maison; il leur fit un repas, fit cuire des pains non-levés (matsot) et mangèrent. (Genèse 19:1-3)
Plus tard, ce soir-là, Lot escorta ses invités jusque chez lui.  Cependant, l’épouse de Lot se sauva par la porte arrière et alla répandre la nouvelle que deux hommes d’une beauté frappante venaient d’arriver chez elle.  La nouvelle fut bientôt sur toutes les lèvres et en un rien de temps, plusieurs hommes se trouvèrent rassemblés devant la maison de Lot, certains allant jusqu’à frapper à sa porte et à exiger de voir ses invités. 
Avant qu'ils ne soient couchés, et les gens de la ville, les gens de Sodome s'assemblèrent autour de la maison, des jeunes jusqu'aux vieux, le peuple entier, de chaque quartier. Ils appelèrent Loth et lui dirent : 'Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous et nous les connaîtrons'. (Genèse 19:4,5)
la foule dehors,  C'était un groupe de Sodomites, cherchant "du plaisir". Ils voulaient mieux "les connaître" : gardons à l'esprit que l'expression "connaître" utilisée dans la Torah, signifie avoir une relation
il sortit, leur demanda de se disperser et leur rappela de craindre le châtiment de Dieu. 
« Il leur dit : « Ô mon peuple!  Voici mes filles ; elles sont plus pures pour vous.  Craignez Dieu, donc, et ne me déshonorez pas devant mes hôtes.  N’y a-t-il pas, parmi vous, un seul homme doué de raison? »  (Coran 11:78)
l’islam rejette totalement la notion selon laquelle le prophète Lot aurait offert ses propres filles aux hommes de son peuple.  Les savants musulmans ont tous expliqué que lorsque Lot utilisa le terme « mes filles », il faisait référence aux femmes de Sodome.  Clairement, il demandait aux hommes de Sodome de combler leurs besoins sexuels dans le cadre de mariages licites avec des femmes. or dans la Genèse, Lot précise "mes deux filles". 
il nous parrait insoutenable aujourd'hui qu'un père puisse offrir ses filles pour se faire violer  afin de protéger des invités qu'il ne connait pas, surtout que jusque là, Lot ne savait pas quelle était l'identité véritable de ses invités, sinon on aurait pu faire l'analogie avec l'histoire d'Abraham qui était sur le point de sacrifier son enfant Samuel pour obéir à l'ordre divin. 
Loth sortit vers eux, à l'entrée, et il ferma la porte derrière lui. Il dit : 'Je vous prie, mes frères, ne faites pas de mal. Voici donc, j'ai deux filles qui n'ont pas connu d'homme; je vous en prie, je vais les faire sortir vers vous, et faites-leur comme il sera bon à vos yeux, seulement ne faites rien à ces hommes car pour cela ils sont venus à l'ombre de mon toit'. (Genèse 19:6-8)
Ibn Kathir affirme que les hommes qui se tenaient devant la maison de Lot finirent par enfoncer sa porte et par entrer à l’intérieur, puis à encercler les invités (anges) de Lot.  Lot se retrouva impuissant devant cette situation et les supplia de partir.  Mais ils lui dirent : « Tu sais très bien que nous n’avons aucunement besoin de tes filles.  Et en vérité, tu sais bien ce que nous voulons. » (Coran 11:79)  
C’est alors que les messagers (anges) de Dieu rassurèrent Lot en lui disant : « Ô Lot!  Nous sommes les messagers de ton Seigneur. » (Coran 11:79)  
Entendant cela, les gens prirent peur et se dispersèrent, laissant Lot et sa famille seuls avec les messagers.
cependant, la manière dont les transgresseurs ont pris la fuite nous parait incompréhensible, en effet on ne pourra imaginer qu'un peuple qui refute toute idée d'un Dieu tout puissant puisse avoir peur et prendre la fuite rien qu'en entendant leurs victimes potentielles dire q'elles sont les messagers de Dieu. 
la Genèse apporte une précision qu'on n'a pas dans le coran. le peuple de Lot serait alors frappé de cécité ponctuelle et n'arrivait pas à trouver la porte de la maison de Lot, ce que donnera le temps  à Lot de prendre la fuite avec sa famille. 
Loth sortit vers eux, à l'entrée et il ferma la porte derrière lui... Ils dirent : 'recule'; et ils dirent : 'Un (individu) vient s'installer et il estime qu'il peut juger! Maintenant nous te ferons du mal (plus qu') à eux; et ils assaillirent avec violence l'homme, Loth et ils s'approchèrent pour casser la porte. Les hommes étendirent leur main, ils amenèrent Loth vers eux dans la maison et fermèrent la porte. (Genèse 19:6,9-10)
Les hommes qui (étaient) à l'entrée de la maison, ils les frappèrent de cécité du plus petit jusqu'au plus grand et ils se fatiguèrent de trouver la porte. (Genèse 19:11).
les messagers dissipèrent les craintes de Lot et lui ordonnèrent de rassembler sa famille et de quitter la ville de Sodome sur-le-champ.  
selon le récit biblique, à  Sodome, les Anges essayent de convaincre Loth de partir. A la fin, ils doivent littéralement "l'arracher", "car il s'attarda, il hésita".

Mais il hésita; les hommes le saisirent par sa main et par la main de sa femme et par la main de ses deux filles,... (Genèse 19: 16)
Le terme employé pour qualifier l'hésitation de Loth est "vayitmahmah", "il hésita" 

Ils partirent donc Son épouse resta cependant en arrière  et fut atteinte par le châtiment de Dieu avec les habitants de la ville.  Le Coran décrit ainsi le châtiment :
« Puis, au lever du soleil, le (terrible) cri les saisit.  Et Nous renversâmes (la ville) de fond en comble et fîmes pleuvoir sur eux des pierres d’argile.  Voilà vraiment des signes pour ceux qui savent observer. » (Coran 15:73-74)
 « Alors Nous les sauvâmes, lui et les siens, à l’exception d’une vieille femme, qui resta en arrière [et fut exterminée].  Puis Nous détruisîmes les autres et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie (de pierres).  Et quelle pluie effroyable pour ceux qu’on avait avertis en vain.  Certes, il y a en cela un signe évident; et pourtant, la plupart d’entre eux ne croient pas! » (Coran 26:170-174)
"23 Le soleil se levait sur la terre, lorsque Lot entra dans Tsoar. 24 Alors l'Eternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de par l'Eternel. 25 Il détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre. 26 La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une statue de sel." la genèse
Lot et sa famille furent sauvés et le Coran ne fait plus aucune autre mention d’eux par la suite.


En revanche, le récit biblique ne s'arrête pas là et Les événements qui suivent la libération de Loth sont particulièrement sordides et tragiques :

Loth monta depuis Tsohar, et s'installa dans la montagne et ses deux filles avec lui, car il craignait de s'installer à Tsohar et il s'installa dans la caverne, lui et ses deux filles. L'aînée dit à la (plus) jeune : 'notre père est vieux et il n'y a plus d'homme sur terre pour venir vers nous comme l'habitude de la terre. Viens, faisons boire à notre père du vin et nous nous étendrons avec lui et nous enfanterons de notre père une descendance'. Elles firent boire à leur père du vin cette nuit-là, et l'aînée vint et elle s'étendit avec son père, et il ne sut point lorsqu'elle s'étendit et lorsqu'elle se leva. Et ce fut le lendemain, et l'aînée dit à la (plus) jeune : 'voici, je me suis étendue hier avec mon père, faisons-lui boire du vin cette nuit aussi et viens, étends-toi avec lui et nous enfanterons de notre père une descendance'. Elles firent boire aussi cette nuit du vin à leur père; la plus jeune se leva et s'étendit avec lui et il ne sut point lorsqu'elle s'étendit et lorsqu'elle se leva. Elles conçurent, les deux filles de Loth, (du fait) de leur père. L'aînée donna naissance à un fils et elle l'appela : Moav, (qui) est l'ancêtre de Moav jusqu'à ce jour. Et la plus jeune, elle aussi donna naissance à un fils et elle appela son nom : 'Ben Ami'; c'est l'ancêtre des enfants de Amone jusqu'à ce jour. (Genèse 19:30-38)

l'histoire de Lot nous apporte plusieurs enseignements sur le peuple de Sodome, leur décadence et déviation qui ne se résument pas qu'au viol, vol et moultes agressions. 

les livres saints se complètent, et parfois se contredisent, les uns sont plus bavards que les autres, mais gardons toujours en tete qu'ils ont été rapportés par des êtres humains qui auraient pu altérer leur contenu, pour faire dire à Dieu ce qu'il n'a pas dit. 
Loin de toutes considérations religieuses, l'homosexualité reste une énigme scientifique, et malgré que la science n'a pas tranché, on assiste toujours à des propos diabolisant cette manière de vivre. 
souvent, ce sont les hommes homosexuels qui sont mal vus par la société, la gente masculine est plus tolérante vis à vis des lesbiennes qu'elle trouve souvent "sexy". 
on réduit ces pratiques à l'assouvissement de plaisir charnel, alors que certains couples homosexuels durent plus qu'une nuit contrairement à des millions de relations hétérosexuelles éphémères. 
On pense notablement à Yves saint Laurent et à Pierre Bergé qui ont partagé cinquante ans de vie commune. 
Au delà du sexe, y'a t-il de l'humain, y'a t-il de la noblesse, y'a t-il de la pureté. 

samedi 7 mars 2015

Femme, Objet, mais aussi sujet. entre les deux, une joute.


Femme.
Ce matin, on la célèbre, dans le monde mais pas chez nous. 
chez nous, la femme n'était pas le fruit de la révolte. 
elle n'a pas eu  besoin d'autorisation pour se découvrir, parler, prendre les rennes et se faire entendre. 
elle a souvent été homme, avant d'être Femme. 

Madame La Tunisienne, mère, fille, soeur, amie, amour.
Madame la Tunisienne, Notre Halima, la résistante , notre Ommi Traki et khalti Founa 
et pas que. 
Mais quelle place pour la femme aujourd'hui?
sa place est partout, on la voit partout, elle a toujours été là, elle n'avait pas eu à se faire une place et pourtant, parfois, ou peut être souvent, on la tolère moins, ou on ne la tolère plus.



 "ce n'est qu'une femme", nous a-t-il dit.
IL, notre cher président de la République. 
et pourtant lui, il vient de loin, il a vu la révolution féministe des flappers, les résistantes, les 68ardes, mais surtout, il a vu SA MÈRE. 
Oui, sa mère, celle qui l'a enfanté. Elle aussi, ce n'était qu'une femme. 
le syndrome "ce n'est qu'une femme" est répandu dans la société tunisienne, il a meme son corollaire: "lui, c'est un homme". souvent utilisé pour laisser entendre que l'homme peut faire ce qu'il veut. 

Femme, Objet, mais aussi sujet. entre les deux, une joute.


       
ce qui semble , pour les uns, une évidence, est remis en question par les autres. 
il y a des années de là, un professeur m'a dit que pour lutter contre le chômage, il fallait céder la place aux hommes.  Une idée ingénieuse. 
j'étais encore enfant, mais j'avais la rage. 
un autre, plus tard, pense que je ne sais conduire parce que je suis femme. 
une femme a estimé ensuite  qu'il fallait que je fasse la cuisine.

 Et quand je lève un petit peu la voix, on me dit qu'il me faut un homme "bech ylemni", que je serais vieille fille "bayra".
il fallait aussi que je me tienne droit et que  quand je m'assoie, je joigne les jambes. 
mon voisin  a souvent les jambes écartées et ça ne dérange personne. 



À la radio, on me dit "trop faible" pour prendre des décisions, occuper des postes clés comme "ministre de l'intérieur" ou "président de la république". 
si j'ai un fort caractère, on me traite de pute, "malhat", et on dit que mon père n'a pas su m'élever, ou que mon mari ne sait pas contrôler sa femme, et tous deux ne sont pas hommes, "Tahhana" .


si  je suis conservatrice, on me dit "harza", et si on n'a rien à me reprocher, on s'attaque à mon physique, à mon rouge à lèvre trop flashy, à mes cheveux trop crépus, à mon âge.
oui, cet âge où il faut se couvrir.
mais aussi à ma profession, il ne faut plus chanter, ou faire la comédie, c'est prohibé, c'est HARAM, Rabbi Yahdini.
On célèbre la femme, mais pas chez nous. 
Chez nous, on l'insulte. 
on l'aime, mais on la frappe. on pense aussi qu'elle est la source du mal. 
s'il y a viol, c'est parce qu'elle est sexy, s'il y a adultère, c'est parce qu'elle est moche, si on la frappe, c'est parce qu'elle est mal-élevée, si chômage il y a , c'est parce qu'elle est sortie travailler, si on s'énerve sur la route, c'est parce que c'est une femme qui bloque le passage. 

si on ne l'insulte pas, on refoule tout mépris envers elle derrière nos allures de progressistes.
on la laisse aller à l'école, mais si on la voit avec  son camarade de classe dans la rue, on l'immole par le feu. 
on couche avec toutes les filles, mais on épouse une vierge. 



si une femme se remarie, c'est une pute. 
si elle rentre tard le soir, c'est une pute. 
si elle est intelligente, c'est une pute. 
si elle est célibataire, c'est une pute. 
si elle est mariée, et qu'elle est intélligente, c'est une bayra quand meme! 
si elle est belle, elle est moche.
si elle est irréprochable, elle est soumise. 
si elle parle, elle doit se taire.
si elle ne parle pas, elle n'a pas de personnalité. 

Enfin, Je Suis Femme, et Avec plaisir.  





mercredi 18 février 2015

LE DOGME DE l'IMPRESCRIPTIBILITÉ DE LA PAROLE DE DIEU

"Le sens de l'histoire est que Dieu a créé l'Humanité, et connaissant bien ses créatures, il a décidé en toute lucidité de la priver du droit à légiférer que les hommes persistent à s'attribuer" tels étaient les propos de Sayyid Qutb dans son Opus, "les jalons sur la route de l'Islam". 
Cette idée est généralement réconfortée par une autre qui consiste à croire que la parole de Dieu doit être de la  meme nature que Dieu lui meme, Dieu étant éternel, chacune de ses paroles ne pourrait être qu'éternelle comme lui. 

Dans le livre de mahmoud Hussein, "ce que le coran ne nous dit pas", on développe la thèse contraire, qui est celle de la prescriptibilité du livre saint, en affirmant que "Dieu et sa parole n'ont pas le meme statut, Dieu transcende le temps, sa parole est inscrite dans le temps". 


Pour soutenir  ces dires, l'auteur évoquera un certain nombre de faits dont tout musulman ne pourra contester la véracité, à savoir que "la parole de Dieu ne se présente pas comme un monologue mais comme un échange entre Ciel et terre",  que "Dieu dialogue en temps réel avec la communauté des premiers musulmans", que "la parole de Dieu épouse un language, une culture, des questionnements qui sont ceux de l'Arabie du VIIème siècle". 


Il rappelle ensuite qu'il  faut faire une lecture qui replace le texte dans son contexte, que Dieu n'a pas donné à tous les moments de sa parole la meme portée et qu'il a meme abrogé certains versets en en révélant d'autres (ce que l'on appelle en Arabe "ANNASKH"). 


Un autre penseur contemporain, Tariq Ramadhan a été questionné au  sujet d'un certain nombre de châtiments corporels qu'impose la lettre du coran pour punir certains agissement tel que la flagellation pour les adultérins, la peine de mort, l'amputation des membres pour les voleurs, etc...).


Selon Tariq Ramadha, bien que la lettre du texte est claire, comme on a fait pour abolir l'esclavage, on devrait ouvrir le Débat pour discuter de la pérennité de ces pratiques, que les savants musulmans devront se poser trois questions pour répondre à la question de savoir s'il faut continuer à appliquer ces textes:

1.IL FAUT LIRE LA LETTRE DU TEXTE: PRENDRE LES TEXTES AU SERIEUX
2.QUELS SONT LES CONDITIONS DE l'APPLICATION DE CES TEXTES
3.DANS QUEL CONTEXTE SOCIAL. 

Il est claire que Monsieur Ramadhan, comme beaucoup d'autres , rejoigne  le raisonnement de Mahmud Hussein. il faut ouvrir le débat, parce qu'il est claire qu'il existe dans la lettre du texte des versets qui choquerait la société s'ils venaient à être appliqués. 

ce débat a été encouragé par le prophète, il l'a appelé "AL IJTIHAD". 

Cependant, il y a une tendance chez les musulmans de se refuser la remise en question des versets claires "AYAT SARIHA". 

il y a meme chez les musulmans une tendance à ne pas vouloir faire une interprétation personnelle des textes du coran, sous prétexte qu'ils ne sont pas assez armés pour le faire, qu'ils n'ont pas assez de connaissance, que les savants "OULEMA" ont une compétence exclusive en la matière. 
faut il leur rappelé que la première sourate révélée au prophète lui ordonnait de sortir de son ignorance? Dieu, par l'intermédiaire de l'ange Gabriel lui a clairement dit "Iqraa".

Il parait incompréhensible que ceux qui prennent les textes au sérieux sont les memes qui continuent à ignorer ce mot "Iqraa" (Lis!) et prétextent l'ignorance pour ne pas cogiter, pour ne pas chercher les réponses aux questions sur des sujets aussi intime que le mariage, la sexualité. 

cette tendance qui encourage la passivité intellectuelle, qui lie le destin de la "Oumma" à quelques hommes qui prétendent savoir et interprètent comme bon leur semble la question de Dieu. 
les musulmans croient en  l'au delà, ils croient aussi qu'il y'aura le jour du "HISSAB", le jour où Dieu nous demandera ce qu'on a fait sur terre.
ce jour là, il sera inopportun de dire qu'on ignorait, qu'on ne savait pas, ou qu'on s'est abstenu à croire aux dires des savants. "ils nous ont dit de tuer les Kuffars, alors on l'a fait, on a meme égorgé des enfants, enfants de kuffars". 

Revenant à Qutb, cet illustre penseur que bon nombre de musulmans admirent pour sa haine de l'occident, sa pensée contredit clairement ce que la "Sira" (la vie du prophète) nous rapporte. 

à titre d'exemple, t-Tirmidhî et Abû Dâoûd nous raconte cette anecdote de la vie du prophète: 

Le  Prophète (paix et salut sur lui) avait enseigné à Mu'âdh ibn Jabal avant de l’envoyer au Yémen comme messager des bonnes valeurs de l’Islam: "Selon quoi jugeras-tu lorsque le besoin s'en présentera ? – Selon le Livre de Dieu, avait répondu Mu'âdh. – Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans le Livre de Dieu ? – Je jugerai alors selon les Hadîths du Messager de Dieu, avait répondu Mu'âdh. – Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans les Hadîths du Messager de Dieu ? – Je ne manquerai alors pas de faire un effort de réflexion (ijtihâd) pour formuler mon opinion, avait répondu Mu'âdh." Sur quoi le Prophète avait manifesté son approbation en ces termes : "Louange à Dieu qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers ce qu'agrée le Messager de Dieu" 


Il y a des questions auxquelles le Coran n'a pas répondu, là il est claire que le prophète nous encourage à raisonner pour trouver une solution adéquate, il y a des questions auxquelles le coran avait répondu clairement, là soit on les suit à la lettre, soit on se pose la question  de les faire évoluer à cause des solutions absurdes proposées et qui ne sont plus acceptables aujourd'hui, pour se faire, il faut comprendre l'objectif de ces versets, pourquoi ils sont là. et enfin il y a des questions auxquelles le coran a répondu d'une manière souple, vague, interprétable, là la circonspection est de mise, parce qu'on sera amené à prendre une décision PERSONNELLE selon nos propres convictions.